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Santé mentale

« Le traitement des troubles mentaux a connu de réels progrès »

Delphine Ndacayisaba du Centre Nyumviriza, spécialisé dans le traitement des traumatismes, affirme que de nombreux troubles mentaux peuvent désormais être traités avec presque autant de succès que les maladies physiques.

« L’objectif du traitement d’un trouble mental? Aider la personne à mener le plus librement possible une vie normale, agir selon ses convictions et ses souhaits. Bref, reprendre le pouvoir sur son existence du moment », dit-elle.

Toutefois, elle distingue deux méthodes de traitement des troubles mentaux, à savoir la somatique et la psychothérapie.

Les traitements somatiques, poursuit-elle, comprennent les médicaments, la sismothérapie ainsi que d’autres traitements stimulant le cerveau tels que la stimulation magnétique transcrânienne, appelée aussi la stimulation du nerf vague.

Dans la psychothérapie, appelée aussi thérapie par la parole, les médecins et les conseillers dialoguent avec la personne au sujet de ses pensées, de ses sentiments et de ses comportements: «Nous essayons plutôt d’aider le patient à se comprendre et à trouver de meilleurs moyens de gérer les stress et les problèmes rencontrés dans sa vie», souligne la psychothérapeute.

Elle ajoute que la psychothérapie est le moyen le plus efficace pour sortir de la dépression rapidement et de façon durable: «Il s’agit d’une solution thérapeutique qui va permettre de poser un diagnostic précis sur ce que la personne ressent et vit et de pouvoir déterminer les véritables causes de la dépression.»

Une fois les premiers symptômes détectés, il existe un «chemin» de guérison de la dépression. Dans un premier temps, indique la psychothérapeute, les médicaments vont peu à peu restaurer le fonctionnement normal du cerveau, et permettre au patient de retrouver l’appétit, l’énergie et de bien dormir. C’est une phase qui peut prendre de 3 à 6 semaines.

De la stabilisation à la guérison

D’après le Dr Levi Rukundo, psychologue clinicien, la seconde phase consiste à consolider les acquis. «C’est une l’une des phases les plus décisives, car elle concerne la guérison des cellules du cerveau et mérite conséquemment un suivi régulier», souligne-t-il.

L’objectif est de stabiliser l’amélioration des symptômes. Cette étape peut prendre entre 6 mois et 1 an, en fonction de la gravité des symptômes et du nombre d’épisodes dépressifs que le patient a subis au cours de sa vie.

Pendant cette période de stabilisation essentielle, le patient est tenté d’arrêter le traitement une fois les symptômes disparus.

C’est prendre le risque de les voir réapparaître aussitôt, prévient le Dr Levi Rukundo. Pour lui, il est impératif de poursuivre le traitement médicamenteux jusqu’au bout du parcours de soins, conformément aux instructions du médecin traitant.

L’idéal, renchérit Delphine Ndacayisaba, est de contrecarrer la récidive qui consiste en la réapparition de la maladie après une guérison en apparence complète.

La guérison au niveau biochimique ne fait pas tout. Elle constitue avant tout le socle à partir duquel le patient va pouvoir à nouveau redonner du sens à sa vie, retrouver son positivisme et modifier sa perception des choses, d’après le Dr Rukundo.

Il ajoute que la durée d’un prompt rétablissement peut varier d’un patient à l’autre et nécessite le plus souvent un accompagnement sans relâche. Il précise enfin que la guérison complète d’un patient doit être établie et constatée par le médecin traitant ou le psychiatre, les seuls à même de décider l’arrêt du traitement.

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