Un budget de près de 1,5 million d’euros (1.473.000 €) a été alloué à la mise en œuvre du projet « Ndinkabandi », visant le renforcement des capacités de la société civile pour un Burundi inclusif.
Ce financement est accordé par la Délégation de l’Union européenne au Burundi au consortium d’organisations, dont CARE Burundi, COPED Burundi et le Réseau des Centres de Personnes Handicapées du Burundi (RCPHB). Ce projet sera mis en œuvre sur une période de 30 mois, allant du 15 janvier 2025 au 14 juillet 2027, dans quatre communes : Bujumbura Mairie, Gitega, Muyinga et Makamba[1].
Les objectifs
Le 19 mars 2024, lors de la cérémonie de lancement officielle qui s’est tenue au Royal Palace Hotel de Bujumbura, Jean Nimubona, chef de projets au CARE Burundi, a présenté les objectifs du projet. Il a déclaré : « Ce projet soutiendra les organisations qui renforcent les capacités socio-professionnelles et l’inclusion des personnes handicapées dans la société burundaise. Il impactera les personnes handicapées du Burundi, qu’il s’agisse de déficiences physiques, visuelles, auditives, intellectuelles ou autres. » Il a expliqué que les quatre communes sélectionnées pour ce projet ont été choisies en raison de leur situation géographique et de leurs spécificités actuelles en matière de prise en charge et inclusion des personnes handicapées.
Jean Nimubona a également précisé que bien que le projet soit mis en œuvre dans ces quatre communes, son impact sera national: « Nous travaillerons avec des centres des personnes handicapés et les réseaux de défense des droits des personnes handicapées pour un plaidoyer afin que des politiques et mesures soient mises en place ou mises en œuvre pour que chaque personne handicapée puisse être impactée par l’action, où qu’elle soit. »
Des actions à mener
Gilbert Bizimungu, coordinateur du RCPHB, a détaillé les actions prévues dans le cadre de ce projet. Parmi les initiatives, on trouve la défense des droits des personnes handicapées, la promotion de leur autonomie, le renforcement des capacités des centres partenaires pour améliorer leur gestion, ainsi que l’initiation aux métiers d’autonomisation des personnes handicapées. Le projet inclut aussi l’intégration des personnes handicapées dans des activités sociales, culturelles et sportives afin de garantir leur pleine inclusion dans la société.
Appel à l’action et soutien aux initiatives
Les représentants des centres pour personnes handicapées et les participants à la cérémonie de lancement du projet ont exprimé leur enthousiasme pour le projet et ont insisté sur la nécessité de passer à des actions concrètes. Ils ont souligné qu’il ne suffit pas de discuter des problèmes, mais qu’il est impératif de mettre en place des solutions réelles et durables.
Les participants à cette activité estiment qu’il est encore nécessaire de promouvoir des changements afin de ne plus exclure les personnes en situation de handicap, car la manière dont elles sont traitées reste problématique, tant dans la société, que dans les institutions et leurs organisations. Par exemple, lors des appels d’offres pour des emplois, les candidats sont souvent invités à soumettre des dossiers écrits. Une personne aveugle se retrouve alors dans une situation difficile, car c’est rare qu’un employeur donne la chance aux aveugles qui utilisent l’écriture braille de passer le test de compétition. Il en va de même pour une personne rencontrant des difficultés de parler. Lorsqu’elle utilise la langue des signes, elle est rarement comprise par ceux en charge des affaires administratives, ce qui l’empêche d’accéder à ce qu’elle aurait souhaité demander.
En clôturant l’événement, Josée Ntabahungu, directrice de CARE Burundi, a salué les idées proposées par les représentants des centres. Elle a promis de les mettre en œuvre, affirmant : « Continuez à avancer avec ces bonnes idées car elles contribueront à la réussite de ce projet. »
[1] Selon le nouveau découpage administratif.




