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Données statistiques, outil efficace pour une société juste

L’Union des Personnes Handicapées du Burundi en collaboration avec le Bureau central de Recensement a organisé, le 19 juin dernier à Bujumbura, une séance de sensibilisation auprès des personnes vivant avec un handicap pour les encourager à participer au recensement général prévu août et septembre prochains.

Au Burundi, l’ampleur du phénomène du handicap reste méconnue faute de statistique fiables et actualisés, a martelé d’entrée de jeu Nicolas Ndayishimiye, Directeur Général de l’INSBU (Institut National de la Statistique du Burundi). Le dernier recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) de 2008 faisait état de 4,5% des personnes vivant avec handicap majeur. Or, la Banque Mondiale et de l’OMS estimait à l’époque à 1.275.000 sur 8.500.000 (soit 15% de la population burundaise) vivant avec handicap.

Nicolas Ndayishimiye, Directeur Général de l’INSBU

Cette contradiction souligne l’importance d’une collecte de données précise et exhaustive pour mieux comprendre la réalité des personnes handicapées. Elles constituent également un outil puissant pour promouvoir l’inclusion, identifier les lacunes et améliorer la qualité de vie des personnes vivant avec un handicap : « Sans ces données, il est difficile d’élaborer des projets. »

Ces statistiques, explique-t-il, permettent de vérifier si les personnes vivant avec un handicap ont accès aux mêmes opportunités que les non handicapés : « En comparant les niveaux de participation dans les différents domaines entre les personnes handicapées et les personnes non handicapées, cela aide à mesurer l’inclusion sociale. »

Le changement de mentalité s’impose

Bien plus, fait savoir M Ndayishimiye, ces données aident dans l’évaluation de l’efficacité des programmes et politiques visant à promouvoir la pleine participation des personnes handicapées.

Ainsi, grâce à ces statistiques, l’on peut identifier facilement les obstacles auxquels sont confrontées ces personnes afin de concevoir des solutions adaptées en surveillant les tendances de prévalence des limitations dans des domaines spécifiques comme l’éducation, l’emploi ou la vie familiale. « Il est essentiel de désagréger les données par type de handicap, sexe, âge, etc. Cela aide à comprendre les besoins spécifiques de chaque groupe et à élaborer des politiques ciblées », a conclu le DG de l’INSBU.

Caritas Kamariza, Vice-Représentante de l’UPHB

Abondant dans le même sens, Caritas Kamariza de l’union des personnes handicapées du Burundi a insisté sur l’exclusion dont elles font l’objet : « Non seulement elles sont souvent exclues des sociétés traditionnelles africaines mais elles sont également marginalisées selon la gravité de leur handicap et vivent à l’écart de la société.» D’où l’importance de collecter des données pour sensibiliser à ces problèmes et agir en conséquence.

Outre cette marginalisation, leurs propres familles en viennent à les cacher carrément des autres par honte et ou à cause d’autres préjugés, ce qui fausse les encore plus les données disponibles. Et d’appeler ces familles à changer de mentalité et favoriser le recensement.

Pistes de solutions

Dans le but de fournir des indicateurs fiables à tous les acteurs du domaine y compris le gouvernement, le questionnaire ménage ordinaire du prochain RGPHAE (Recensement Général de la Population et de l’Habitat par l’Analyse des Échantillons) intègre désormais une brève série de six questions sur le fonctionnement, ainsi qu’une question supplémentaire sur les malformations.

En outre, en collaboration avec l’UNICEF Burundi, le BRC a élaboré une série de questions spécifiques permettant d’inclure les personnes vivant avec un handicap dans le recensement général de la population, de l’habitat et de l’agriculture. « Ces questions prennent en compte à la fois les handicaps physiques et mentaux, et sont adaptées en fonction de l’âge des individus concernés »­­, précise Nicolas Ndayishimiye, Directeur Général de l’INSBU.

Du côté de l’Union des Personnes Handicapées du Burundi,  Caritas Kamariza appelle cette communauté à participer au prochain recensement et de faire recenser les membres de leurs familles vivant avec un handicap : « Ils doivent jouir de tous leurs droits consacrés par la Constitution », avant de rappeler la convention internationale des personnes handicapées du 27 avril 2007 et que le Burundi a ratifié le 14 mars 2014 : « Le Gouvernement a donc l’obligation de soutenir les efforts des organisations ouvrant dans ce domaine, ce qui permet de faciliter différents projets et programmes. »

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