Dans la société burundaise actuelle ou d’antan, gagner les faveurs de quelqu’un de puissant exige parfois des pratiques de flatterie, des commérages tendant vers des diffamations envers les individus ou groupe d’individus. Des pratiques qui ne vont pas sans conséquences…
Caresser dans le sens du poil ou faire des courbettes chez certains individus dans notre société ne datent pas d’hier. D’ailleurs, certains le considèrent comme une attitude normale. Normale, oui, quand le langage utilisé par le locuteur ne porte pas à l’intégrité morale des autres.
A contrario, souligne certains habitants de la colline et commune Bugenyuzi, en province Karusi, une telle attitude crée des tensions. « Pour des intérêts égoïstes, certains n’hésitent pas de louer les hommes influents en médisant ceux qu’ils considèrent comme leurs adversaires, afin de les faire injustement du mal », déplore Sophie* (36 ans).
D’autre part, insiste Charles* (43 ans), cette attitude de courtisanerie se traduit aussi dans les actes que dans les paroles : « Il y’a des individus qui osent même apporter des cadeaux aux puissants pour se montrer très attentionnés, en cherchant surtout à se faire entendre par leurs propos calomnieux envers les autres. »
Tourner sept fois la langue avant de parler
Pour Blaise Izerimana, sociologue, le langage qui tend vers la courtisanerie est souvent utilisé par certaines gens aspirant à des postes politiques ou veulent d’autres avantages. « De tels individus disent des choses de façon à ce qu’on peut croire que c’est vrai. Chaque fois, ils veulent forcément te faire accepter que ce qu’ils sont en train de dire, tentant surtout à semer la haine et la méfiance », pointe-t-il.
Cet expert interpelle ceux qui font la courtisanerie sur les méfaits de cette attitude : « Il importe de maîtriser son langage, en évitant de chercher à dire des choses mauvaises aux personnes X, car ces paroles peuvent s se retourner contre soi, et les individus ou groupes d’individus lésés chercheront à se faire justice ou à se venger. Ce sera le début des violences de masse. »
Quant à Rénovat Nimubona, chef de colline Bugenyuzi, les individus qui pratiquent la courtisanerie en tenant des propos diffamatoires envers les autres, doivent être traduits en justice pour éviter qu’ils attisent des divisions en alimentant une mauvaise cohabitation.
*nom d’emprunt




