Bien qu’elles aient été lancées le 16 septembre 2024 par la société « Ubaka Nation Group », les activités de préparation du terrain pour la construction du nouveau marché central de la ville de Bujumbura n’avancent pas. Ce qui sème le doute auprès de plusieurs observateurs quant aux capacités de ladite société. Fablice Manirakiza tranquillise.
12 ans après l’incendie du marché central de la ville de Bujumbura, sa reconstruction n’a pas encore débuté malgré l’espoir récemment suscité par l’octroi par le Gouvernement du terrain sur lequel il était érigé à la société Ubaka Nation Group le 16 septembre dernier.
Cela fait donc plus de quatre mois que cette société débraye ce terrain. Et ces travaux semblent au point mort. Personne ne sait si elles sont terminées ou bien si ce sont les travaux de faisabilité pour la réhabilitation dudit marché qui se poursuivent.
Des interrogations…

Pour Gabriel Rufyiri, président de l’Olucome (Observatoire de Lutte contre la Corruption et les Malversations Economiques), des interrogations ne manquent pas face à l’arrêt des travaux qui semblaient partis pour durer : « Des entreprises comme Ubaka Nation Group notamment Sino-Africaine et d’autres ont été impliquées auparavant dans la construction de ce marché mais en vain. » Selon lui, il est essentiel de mettre la population au courant, de manière transparente, du progrès réel de ce projet.
Raison d’arrêt des travaux
Interrogé, Fablice Manirakiza, chargé des relations publiques au sein d’Ubaka Nation Group, les activités de préparation du terrain à savoir le retrait des débris, desferrailles et des tôles, sont terminées. Ces derniers seront vendus par les institutions habilitées. Et de se féliciter que les études de faisabilité aient été clôturées avant même la fin des 6 mois convenus avec le gouvernement : « Nous sommes déjà prêts. Nous attendons que le gouvernement nous donne le contrat pour commencer les travaux de construction. Ce projet est composé de six phases, mais les fonds pour la première phase sont déjà disponibles.»
Et d’expliquer que la première phase nécessitera environ 53 milliards de Fbu et s’étendra sur deux ans. Cependant, il n’est pas nécessaire d’attendre la fin de la première phase pour commencer la deuxième : « Nous projetons avoir terminé ce projet dans cinq ans. Le marché sera bien en place. »
Les fonds ne peuvent jamais entraver la faisabilité

Concernant le coût de l’ensemble du projet, il est de 100 millions de dollars américains, annonce Fablice Manirakiza : « En tant que développeur d’Ubaka Nation Group, nous devions chercher un financier capable d’apporter des fonds pour la construction de ce marché. Cependant, nous avons choisi de créer un fonds appelé One Africa Investment Funds afin que les Burundais puissent être ceux qui portent ce projet. Depuis le début de ce projet, nous avons déjà rassemblé plus de 4 milliards de francs burundais, ainsi que 500 mille de dollars américains. Nous avons constaté que les Burundais y participent activement, et cela nous a montré qu’ils aspirent à un développement ascendant. Tous les travaux coûteront environ 500 milliards de francs burundais, voire plus ou moins. »
En cas d’échec de la collecte de toute la somme nécessaire par les Burundais, Manirakiza annonce qu’il se tournera vers les banques pour obtenir des crédits : « Même si ce fonds serait financé par deux burundais, il n’y a aucun problème. Nous partagerons les bénéfices tirés avec ces deux-là. Ensuite, nous travaillerons avec les banques, car c’est leur rôle d’octroyer des crédits à ceux qui en ont besoin. »
Quid de la sécurité des fonds collectés ?
Concernant la sécurité de ces fonds, Manirakiza indique : « Des comptes bloqués ont été ouverts dans des banques comme Bancobu et CRDB pour garantir la sécurité de cet argent. Ce fonds est supervisé par l’Autorité de Régulation du Marché des Capitaux (ARMC) ».
Et de faire savoir que ceux qui ont investi avant le 16 octobre 2024 ont déjà commencé à recevoir des intérêts sur leurs investissements. Pour lui, tout investisseur souhaitant s’assurer de la sécurité de son investissement est le bienvenu. Le capital investi par cette société est très important.
Il est à noter que cette dernière a permis aux Burundais de contribuer financièrement comme l’a indiqué Manirakiza. Selon lui, en effet, s’il le souhaitait, il aurait pu chercher une seule banque ici pour demander ces 500 milliards afin de réaliser le travail. Ensuite, les bénéfices seraient uniquement pour Ubaka Nation Group. Mais selon sa vision, il souhaite voir tous les Burundais prospérés.
Par rappel, le prix d’investissement est élevé à 103.000FBU pour les nationaux et 103$ pour les membres de la diaspora. Les investissements continuent…
Cet article a été co-écrit par Emmanuel Ndagijimana et Willy Frid Irambona




