Jimbere

Kirundi French
Société

« A l’allure actuelle, le Burundi aura 75,2 millions d’habitants en 2100. Ce sera invivable! »

Que gagnerait le Burundi en accélérant la transition démographique ?

Lors de la présentation du livre « Maîtriser la croissance de la population pour profiter du dividende démographique en Afrique subsaharienne : Le cas du Burundi »

« Si les estimations de ces chercheurs s’avèrent correctes, avec cet effectif, la superficie d’une terre arable pour un Burundais moyen équivaudrait alors à l’espace d’une chambre à coucher ? » a réagi le ministre Martin Nivyabandi, en charge des Droits de la personne humaine, avant de féliciter les deux chercheurs pour « leur excellent travail. Au sein du gouvernement, nous traitons déjà avec acuité cette problématique. Ces nouveaux résultats vont nous éclairer et guider les choix ou décisions politiques de l’Etat. Nous encourageons les chercheurs burundais à mener plus de travaux de recherche sur les questions qui préoccupent la société car ils peuvent le faire avec l’œil d’un Burundais, et produire ainsi des résultats réalistes ».

L’ancien Président Sylvestre Ntibantunganya, avait en tête 2020: « Est-ce un hasard que de tels résultats soient rendus publics à la veille de grandes échéances électorales? Malheureusement dans la salle je ne remarque pas les différents acteurs de la classe politique. De telles thématiques devraient être placées au centre des débats des prochaines échéances électorales afin que la population appelée à voter puisse être éclairée sur les voies et moyens qui seront mises en œuvre pour relever de tels défis ».

Extrait de la préface de l’étude | Le problème de la croissance de la population est une question aussi bien de transition démographique que d’innovation technologique permettant d’accroître la productivité de l’agriculture et de l’économie dans son ensemble. Quelques chiffres serviront à illustrer ce point. Entre 1960 et 2016, la population et le produit intérieur brut du Burundi ont augmenté d’un multiple de 3,9, entraînant une stagnation du revenu par habitant. En guise de comparaison, pendant la même période, le revenu par habitant en Asie du Sud a été multiplié par 5,7, grâce a une croissance rapide de la production et une maîtrise de la croissance démographique.

La bonne nouvelle est que, d’après les deux chercheurs, le pays peut bel et bien relever le défi de l’accélération de la transition démographique [passage d’un régime où la fécondité et la mortalité sont élevées et s’équilibrent approximativement, à un régime où la natalité et la mortalité sont faibles et s’équilibrent également, Ndlr]. Sous certaines conditions évidemment: « Les projections de la population en fonction du scénario réaliste montrent que par rapport au scénario tendanciel, il serait possible de réduire de manière significative les ressources de l’Etat investit dans les secteurs sociaux, notamment la santé. Il serait possible par exemple, à l’horizon 2050, de faire l’économie de 702 médecins, 2.599 infirmiers, 358 CDS et 7.022 lits d’hôpitaux. Dans l’éducation, une économie sur la même période de 30.568 enseignants et classes de l’école primaire ainsi que 12.986 enseignants et classe d’enseignement secondaire ». 
Et dans l’emploi? Le Burundi pourrait faire l’économie de 42.684 nouveaux emplois…

A la fin du débat, les idées de tous les intervenants auront convergé vers un même point: « Il n’y a aucun pays qui s’est développé sans maîtriser la croissance démographique ».

Pages : 1 2

Click to comment

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

To Top