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Cibitoke : les conflits successoraux continuent d’opposer veuves et belles-familles

A Cibitoke, plusieurs veuves dénoncent l’accaparement des biens familiaux, les expulsions des domiciles conjugaux et les intimidations après le décès de leurs époux. Malgré l’intervention des autorités locales et des organisations de défense des droits des femmes, les conflits liés à la succession persistent et fragilisent davantage les familles concernées.

Mercredi 22 avril 2026, au quartier Social B de la commune de Cibitoke, Evelyne Nkurunziza, veuve et mère de deux enfants, affirme avoir perdu une partie des biens laissés par son mari après son décès. Selon son témoignage, les frères de son défunt époux auraient récupéré plusieurs propriétés familiales, notamment des terres cultivables. « J’ai subi différentes pressions après la mort de mon mari », regrette Evelyne Nkurunziza.

Evelyne Nkurunziza, veuve et mère de deux enfants

Face à cette situation, elle dit avoir sollicité l’intervention de l’administration locale afin de récupérer ses droits. Même si certains biens ne lui ont pas encore été restitués, elle encourage les autres femmes victimes de conflits successoraux à saisir les autorités compétentes pour défendre leurs intérêts.

La Force de défense nationale du Burundi est également citée dans le témoignage d’Evelyne Nkurunziza, dont le défunt époux était membre de cette institution militaire. Selon la veuve, certaines tensions familiales seraient liées aux avantages et compensations perçus après le décès du militaire.

L’association des veuves responsables dénonce des abus persistants contre les veuves

Octavie Ntakarutimana, représentante de l’association des veuves responsables (AVR)

Selon Octavie Ntakarutimana, représentante de l’association des veuves responsables (AVR), ces litiges restent fréquents dans plusieurs familles. « De nombreuses veuves hésitent encore à dénoncer les abus par peur ou par manque d’assistance juridique », explique-t-elle.

Elle souligne également que certaines femmes sont expulsées de leurs domiciles après le décès de leurs maris, privant parfois les enfants de leur héritage paternel. Selon elle, ces pratiques aggravent la précarité des familles concernées et constituent une violation des droits des femmes.

Célestin Ndihokubwayo, président du tribunal de résidence de la zone Rugombo

Le président du tribunal de résidence de la zone Rugombo, Célestin Ndihokubwayo, rappelle que la loi burundaise reconnaît à la femme le droit de gérer et de préserver les biens familiaux après le décès de son époux. « Certains conflits observés dans cette localité sont liés à des situations de polygamie, pourtant interdites par la loi », ajoute-t-il.

De son côté, le chef de zone Rugombo, Sélemani Sibomana, affirme que l’administration locale poursuit les campagnes de sensibilisation afin d’encourager les victimes à dénoncer les abus et à recourir à la justice.

Sélemani Sibomana, chef de zone Rugombo

Les acteurs administratifs et judiciaires appellent ainsi la population à privilégier le recours à la justice en cas de litige. Ils estiment qu’une collaboration étroite entre les familles, les autorités et les structures d’accompagnement reste essentielle pour réduire durablement ces conflits et renforcer la cohésion sociale.

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