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Société

Témoins actifs : tremplin pour la résolution pacifique des conflits

Il est indispensable que des hommes et des femmes épris de paix et de justice soient présents dans la société pour consolider ou maintenir la cohabitation pacifique.

Face aux litiges susceptibles de fragiliser les rapports sociaux que vit toute société, il existe des hommes épris de paix et de justice dont le rôle est de préserver la cohésion sociale par la médiation. Ils sont appelés témoins actifs ou gardiens de la paix…

« Ahari abagabo ntiharwa ibara », cet adage Rundi renferme le sens qui devrait guider l’âme d’un Murundi. Hélas, notre Histoire nous a prouvé le contraire de ce que l’on pourrait croire en tout un chacun. Mais, pour certains habitants de la commune Itaba, en province Gitega, ce n’est pas une fatalité.

André* (34 ans), affirme que malgré les tourments du passé, les gardiens de la paix ont existé et existent toujours. Il donne l’exemple d’une connaissance qui s’est volontairement porté médiateur dans un conflit foncier, qui risquait de causer des dommages matériels et humains : « N’eut-été sa sagesse et sa détermination à unir les deux parties qui se chamaillait pour un lopin de terre, la famille entière se serait entretuée, et Dieu seul sait le sort qui aurait été réservé aux survivants. »

Loin d’être un cas isolé, Marguerite* (40 ans), témoigne le rôle qu’ont joué un petit groupe de gens dans un différend qui opposait les militants de deux politiques qui partageaient la même colline : « Ils n’avaient jamais réussi à vivre en harmonie. Ils se divisaient suivant leur appartenance politique et la cohésion sociale allait en reculant. Mais trois hommes sages de cette contrée se sont levés pour réconcilier les protagonistes, trouver une meilleure issue à leurs conflits. »

La recherche de la paix, un devoir citoyen

Pour Sylvère Nsengiyumva, expert en résolution pacifique des conflits, les conflits qui sont fréquents, et observés presque partout dans le pays sont ceux liés aux affaires sociales, aux fonciers et aux tensions politico-ethniques.

Ces conflits, poursuit-il, conduisent souvent aux assassinats, à la guerre qui pousse la population à fuir leur pays, à la discrimination, à la méfiance entre les gens, à la haine qui se développe et se transmet de génération en génération. D’où l’importance d’avoir des hommes au-dessus de la mêlée, capables de réconcilier des positions diamétralement opposées ou en conflits.

Par ailleurs, cet expert trouve qu’une sensibilisation de toute la population est nécessaire pour l’aider à gérer positivement les conflits car ces derniers existent et existeront toujours. « Il faut mettre ensemble toutes les couches de la population pour les conscientiser, les éveiller sur l’importance de gérer pacifiquement les conflits dans les communautés, de bâtir la paix. », insiste-t-il.

Quant à Omer Ndayahundwa, secrétaire exécutif permanent de la commune Itaba, il appelle la population à mettre en avant le dialogue plus que les affrontements en cas de conflits.

*nom d’emprunt

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