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Société

Le poids de la parole, source de vie ou de mort

Le choix des mots dans les discours des leaders, ont des conséquences dévastatrices, s’ils véhiculent de la haine. Les habitants de la commune Butaganzwa ont une manière spécifique de gérer ce type de messages. Le point.

Mathieu Nkurunziza, habitant le village de paix de Nyakiga sur la colline Muriza de la zone Muriza en commune Butaganzwa de la province Ruyigi n’y va par quatre chemins : « Il est arrivé par le passé que des leaders tiennent des propos qui divisent et cela a eu des répercussions dans la cohabitation des membres de différents groupes. »

Ce qui prouve qu’un leader doit faire attention aux propos qu’il tient qu’il soit en privé ou en public : « Il doit peser les mots qu’il utilise. Se demander s’ils ne vont pas heurter la sensibilité de ceux qu’il est censé représenter. » Et de conclure : « Son action doit toujours être guidée par la recherche de l’intérêt collectif. » 

A Butaganzwa comme ailleurs au Burundi, la population a vécu des moments difficiles par le passé jonchés des crises cycliques, des violences des guerres. Pour les habitants de la colline Muriza, les mots ont un sens, les propos tenus sont scrutés, disséqués et analysés. « S’il s’agit des propos constructifs, ils seront bénéfiques pour tout le monde, et s’il s’agit des propos négatifs ou incendiaires, c’est toute la communauté qui en pâtira », confie Buregeya M. (70 ans).

Lorsque par exemple un leader tient un discours qui divise, confie-t-il, la population le laisse parler et se garde de le contredire en public. Mais une fois chez eux, les gens en parlent entre eux et échangent : « Si nous concluons au discours divisionniste, nous nous gardons de le mettre en pratique. »

Risque de revivre les violences du passé              

Speciose Ndabacakure (54 ans) du même village abonde dans le même sens. Lorsque différents leaders ou chefs de groupes tiennent des propos qui divisent, non seulement cela crée des tensions entre les membres de différents groupes mais cela fait ressurgir les blessures du passé : « Chacun se demande de son côté si nous ne risquons pas de revivre des scènes de violence comme celles vécues par le passé et ce n’est pas du tout rassurant. »  

Et de lancer un appel aux différents leaders et dirigeants de la base au sommet d’œuvrer pour l’intérêt de tous à commencer les messages qu’ils diffusent surtout auprès des jeunes générations qui n’ont pas connu des années des guerres et qui ne rêvent que de vivre dans la paix et aspirent au développement.

Même son de cloche chez Isaïe Nibitange, secrétaire permanant de la commune Butaganzwa pour qui, les leaders doivent faire attention à leurs paroles  de par leur statut et ce qu’ils représentent dans la société: « Ce ne sont pas des Burundais lambda. Si un citoyen x tient des propos même méchants contre un groupe quelconque, cela n’aura aucun impact. A la limite, tout le monde le prendra pour quelqu’un qui est dérangé. » Mais si les mêmes propos sont tenus par un leader, les conséquences seront dévastatrices.

L’autre conseil est de prêcher par l’exemple : « Nous autres responsables avons fort à faire car les jeunes entendent, disent et agissent comme le font leur mentor. Si nous véhiculons des propos  tendant à diviser la société, celle-ci se disloquera à coup sûr. Mais si nous tenons un discours apaisant, constructif, c’est la communauté toute en entière qui en bénéficiera. »

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