Au Burundi, de nombreux jeunes abordent la fin de leurs études secondaires avec des rêves d’émancipation, de réussite professionnelle et de liberté. Pourtant, une fois le diplôme en poche, la réalité du marché de l’emploi les confronte à des défis inattendus. Témoignages poignants de jeunes Burundais qui, entre désillusion et résilience, réinventent leur avenir.
Alors que de nombreux jeunes Burundais terminent leurs études secondaires avec l’espoir d’un avenir radieux, la réalité du terrain s’avère souvent bien différente. Le Magazine Jimbere a recueilli le 28 août 2025 les témoignages de plusieurs jeunes diplômés, révélant un contraste saisissant entre les attentes scolaires et les défis de la vie active
« Quand j’étais encore à l’école, je me disais: ‘Une fois mes études terminées, je trouverai un emploi et je sortirai enfin de cette souffrance.’ Mais les choses ne se sont pas passées comme je l’imaginais », confie un jeune interrogé.
D.H., une jeune fille de Bujumbura, raconte avoir poursuivi ses études sous la pression parentale. Consciente des difficultés à décrocher un emploi, elle espérait que la fin des études marquerait le début d’une vie de détente et de loisirs. « Je pensais qu’après l’école, je pourrais voyager et faire la fête avec mes amis, » dit-elle.
Pourtant, après un court contrat, elle s’est retrouvée sans emploi. Elle a alors investi ses modestes économies dans le commerce de légumes et de fruits : « Le temps de fête a disparu, je travaille dur, plus que je ne l’imaginais, mais au moins je gagne quelque chose. »
Même son de cloche chez E.I., une jeune fille originaire de Ruyigi : « Je pensais que la vie après les études serait très agréable; que je ne souffrirais plus. En bref, que je vivrais bien. Mais j’ai découvert qu’il fallait travailler dur pour réaliser quelque chose. »
Valoriser des compétences pour survivre
Elle évoque ses nombreux projets restés en suspens faute de capital et de partenaires pour solliciter des financements via le programme PAEEJ. En attendant, elle alterne entre les tâches domestiques et la recherche de petits boulots, économisant chaque sou pour concrétiser ses ambitions.
A.D.I., jeune homme de Bujumbura, croyait qu’un emploi correspondant à sa formation l’attendait à la sortie de l’école. Face à la désillusion, il a décidé de valoriser ses compétences autrement. « Je ne pouvais pas me contenter de vivre sans argent. J’ai commencé à préparer des samboussa que je vends dans mon quartier, et je donne aussi des cours d’anglais. Aujourd’hui, je gagne de l’argent qui me permet de vivre. »
Un appel à une éducation tournée vers l’autonomie
Ces jeunes appellent ceux qui sont encore sur les bancs de l’école à ne pas étudier dans la précipitation dans l’unique but de se reposer ensuite. Ils les encouragent à rechercher des compétences utiles pour créer leur propre emploi, et à planifier dès maintenant leur avenir professionnel.
Selon eux, le manque de financement reste un obstacle majeur à la réalisation des projets post-scolaires.
Malgré cela, ils exhortent leurs pairs à faire preuve de courage et de détermination: « Ne sois pas paresseux ni effrayé, commence par quelque chose de petit, comme vendre des beignets, cela peut t’emmener loin. »
Aux autorités, ils suggèrent la mise en place d’un système permettant à chaque porteur de projet, même modeste, d’accéder à un financement et des mesures facilitant la mise en œuvre des projets et des sanctions contre ceux qui entravent leur réalisation.




