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Inclusion numérique en Afrique centrale : l’électricité et les infrastructures, talons d’Achille de la connectivité

Réunis à Agateka Hall, à Kigobe, dans la ville de Bujumbura, à l’occasion d’un forum régional sur le numérique organisé du 16 au 21 février, experts, décideurs et acteurs du secteur ont dressé un constat sans détour : les coupures d’électricité, l’insuffisance des infrastructures et le coût élevé d’Internet freinent encore l’inclusion digitale, surtout en milieu rural. Malgré les initiatives en cours, la réduction de la fracture numérique demeure un défi majeur pour le développement régional.

« Les coupures d’électricité et l’insuffisance énergétique constituent l’un des principaux freins à l’accès à Internet, aussi bien dans les centres urbains que dans les zones rurales », a déclaré Samuel Muhizi, directeur général de l’Agence de Régulation et de Contrôle des Télécommunications (ARCT), lors d’un panel consacré à la « connectivité et à l’inclusion rurale », tenu le 18 février 2026.

Les discussions ont mis en lumière les difficultés rencontrées par la jeunesse, pourtant majoritaire et fortement engagée dans l’innovation technologique.

Donatien Ndayishimiye, directeur de MediaBox, fournisseur d’accès Internet via Starlink: « Le développement du numérique demeure impossible sans électricité fiable, connectivité stable, compétences techniques et investissements structurants »

Lors d’une session tenue le 16 février 2026, appelant les jeunes à s’impliquer davantage dans le développement du numérique, plusieurs participants ont dénoncé la rareté de l’électricité, la faible couverture Internet ainsi que le coût élevé de la connexion, facteurs qui freinent la concrétisation de nombreux projets numériques, faute de financement et d’infrastructures adaptées.

Abondant dans le même sens, Donatien Ndayishimiye, directeur de MediaBox, fournisseur d’accès Internet via Starlink, a insisté sur l’importance des infrastructures de base. Selon lui, le développement du numérique demeure impossible sans électricité fiable, connectivité stable, compétences techniques et investissements structurants.

Il a également souligné que « les réseaux 3G et 4G restent majoritairement concentrés dans les villes », alors que de nombreux citoyens disposent déjà de smartphones et de tablettes, sans pour autant posséder les compétences nécessaires pour en exploiter pleinement le potentiel.

Des initiatives pour réduire la fracture numérique

Pour répondre à ces défis, MediaBox affirme avoir déjà connecté plusieurs entreprises, écoles et centres de santé, aussi bien en milieu urbain que rural, permettant ainsi aux populations environnantes d’accéder indirectement à Internet. Dans la même dynamique, Elias Ahiboneye, directeur du Fonds de service universel (FSU Burundi), a annoncé un projet visant à fournir une connexion Internet à près de 780 000 habitants des zones rurales, ainsi que des programmes destinés à connecter les établissements scolaires et les structures sanitaires.

De son côté, Elie Ntihagowumwe, directeur général de Burundi Backbone System (BBS), affirme que la couverture Internet atteint déjà environ 60 % des communes burundaises.

Malgré ces efforts, les jeunes participants se montrent sceptiques quant aux retombées concrètes de ces initiatives. Ils estiment que l’absence d’une connexion stable continue de freiner leurs ambitions entrepreneuriales et leurs projets numériques. Certains évoquent même la lenteur de services de base, comme l’envoi de messages via des applications de messagerie telles que WhatsApp.

Selon Dawit Bekele, vice-président Afrique de l’Internet Society, la connectivité rurale demeure une priorité. « Près de 85 % de la population burundaise vit en zones rurales », a-t-il précisé, soulignant l’urgence d’une stratégie adaptée à cette réalité démographique.

Les autorités appellent à investir dans la jeunesse

Les organisateurs du panel ont appelé les gouvernements d’Afrique centrale à accélérer le déploiement des infrastructures énergétiques et numériques, tout en intégrant davantage la jeunesse dans les politiques de transformation digitale.

Nestor Ntahontuye, Premier ministre burundais: « Sans technologies numériques, il est difficile de progresser dans différents secteurs. Nous devons investir dans la jeunesse pour développer ce secteur dans la région »

Lors de la clôture du forum, le Premier ministre burundais Nestor Ntahontuye et le ministre des Finances, du Budget et de l’Économie numérique, Alain Ndikumana, ont réaffirmé l’importance d’investir dans les jeunes innovateurs.

« Sans technologies numériques, il est difficile de progresser dans différents secteurs. Nous devons investir dans la jeunesse pour développer ce secteur dans la région », a déclaré le chef du gouvernement.

Alain Ndikumana a, pour sa part, encouragé les pays de la région à s’inspirer de la vision du président Évariste Ndayishimiye, qui met l’accent sur l’accompagnement des jeunes innovateurs développant des applications et d’autres solutions technologiques. « Si nous les formons et investissons en eux, le développement numérique régional deviendra possible », a-t-il affirmé.

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