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Agriculture

Agriculture : face aux défis, les agriculteurs burundais demandent plus de soutien

Différents intervenants du secteur agricole visitent les stands présentant des produits issus de la transformation agricole burundaise, lors de la foire-exposition.

A Gitega, les agriculteurs ne cachent pas leurs difficultés : intrants coûteux ou disponibles tardivement, ravageurs, effets du changement climatique, manque de terres, débouchés limités et pertes après récolte. Réunis du 3 au 4 septembre dans le cadre de la Foire agricole nationale couplée au Forum national paysan, producteurs, agripreneurs et autres acteurs de la chaîne de valeur appellent à un accompagnement plus adapté pour transformer durablement le potentiel agricole du Burundi.

Des produits agricoles exposés, des producteurs qui expliquent leur savoir-faire, des visiteurs qui observent et questionnent, des échanges entre producteurs et des discussions sur l’avenir du secteur. A Gitega, la Foire agricole nationale ne se résume pas à une vitrine des récoltes burundaises. Elle met surtout en lumière les réalités quotidiennes de celles et ceux qui font vivre l’agriculture.

Organisée par le ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage, en collaboration avec les organisations de producteurs agricoles et les partenaires du secteur, la rencontre entend ouvrir le débat sur les obstacles qui continuent de peser sur la production et les revenus des agriculteurs.

Placée sous le thème « Transformation de l’agriculture burundaise par le développement des chaînes de valeur, de l’agroécologie et la promotion des intrants agricoles locaux pour une souveraineté alimentaire durable », cette édition rassemble producteurs, agripreneurs, coopératives, associations et autres intervenants de la chaîne de valeur agricole.

Au-delà de l’exposition, le rendez-vous se veut un espace de partage d’expériences et de recherche de solutions concrètes pour améliorer la productivité, renforcer la transformation des produits et surtout accroître les revenus des agriculteurs.

Des producteurs confrontés à de nombreuses contraintes

Jean Marie Niyongabo, représentant des agriculteurs, expose les principaux défis du secteur agricole

Les associations et les coopératives agricoles multiplient les efforts pour accroître la production. Cependant, leurs initiatives restent confrontées à plusieurs obstacles qui nécessitent, selon les producteurs, un accompagnement pratique et adapté.

Jean Marie Niyongabo, représentant des agripreneurs, a notamment évoqué les effets des changements climatiques. Les perturbations liées au climat affectent les activités agricoles et rendent parfois difficile le remboursement des crédits contractés auprès des institutions financières.

La disponibilité des intrants constitue également une préoccupation majeure. Selon lui, les semences sélectionnées et les engrais organo-minéraux ne sont pas toujours disponibles à temps. Ces retards peuvent entraîner un décalage des saisons culturales et, par conséquent, une baisse des rendements.

A cela s’ajoute la question du prix des intrants. Certains commerçants, déplore-t-il, se concertent et augmentent fortement les prix des semences, les rendant parfois disproportionnés par rapport au pouvoir d’achat des agriculteurs.

Ravageurs, manque d’espace et difficultés de conservation

Emmanuel Niyungeko, Secrétaire permanent au ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage, rassure les agriculteurs sur les efforts du Gouvernement pour relever ces défis.

Les agriculteurs doivent également faire face aux insectes ravageurs qui s’attaquent aux cultures. Or, les agripreneurs ne disposent pas toujours d’insecticides en quantité suffisante pour assurer la protection des champs.

L’exiguïté des terres cultivables constitue une autre difficulté. L’accélération des constructions sur certains espaces initialement destinés à l’agriculture réduit progressivement les superficies disponibles pour les cultures.

Même lorsque la production est au rendez-vous, l’écoulement des produits demeure un défi. Le manque de marchés pour certains produits agricoles transformés limite les possibilités de commercialisation et peut décourager les initiatives de transformation.

Les méthodes traditionnelles de conservation posent, elles aussi, problème. Une partie de la production agricole risque de se détériorer rapidement faute de moyens et de techniques modernes de stockage et de conservation, occasionnant ainsi des pertes pour les producteurs.

Emmanuel Niyungeko, Secrétaire Permanent au Ministère en charge de l’Agriculture, assume   les contraintes évoquées tout en rappelant que malgré ces défis, le Gouvernement du Burundi s’investit sans relâche pour trouver des solutions durables et poursuivre le développement de ce secteur prometteur.

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