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Rosette Nshimirimana : un parcours entrepreneurial plus qu’inspirant

L’entrepreneure Rosette Nshimirimana a fait de l’amarante un véritable levier d’autonomisation économique. Au cours des cinq dernières années, son business l’a propulsée au rang de multiplicateur de semences sélectionnées de renom. Avec une production semencière de 500 Kg, elle nous partage son expérience et encourage les autres entrepreneurs surtout les jeunes et les femmes à investir sur l’ensemble de la chaîne de valeur agricole.

Née en 1992 à Gitega, dans la zone Murenda, sur la colline Rutanganika, Mme Rosette Nshimirimana évolue dans un milieu où les opportunités économiques se font rares. Avant de se spécialiser dans la multiplication des semences, elle cultivait déjà l’amarante de manière traditionnelle. Les variétés n’étaient pas sélectionnées et la production était principalement destinée à satisfaire les besoins alimentaires de sa famille. Progressivement, la multiplication des semences l’a progressivement transformée en productrice, formatrice et entrepreneure agricole. 

L’aventure entrepreneuriale de cette brave dame commence en 2021 quant elle entre en contact avec les intervenants dans le secteur agricole. Elle se forme grâce aux programmes de soutien et d’encadrement des producteurs locaux. Elle y découvre les notions de chaîne de valeur agricole, de planification et d’entrepreneuriat. Ces apprentissages lui permettent de se construire une idée qui a changé tout dans ses pratiques quotidiennes. « Je me suis dit qu’une activité agricole peut devenir une véritable entreprise lorsqu’elle repose sur une vision claire et des objectifs à long terme », confie-t-elle.

Le modules de formation dispensées sur les différentes filières agricoles lui offre une gamme de projets pour se lancer dans l’agrobusiness. Entre la culture des marakoudga, des prunes de japon ou l’élevage des poules, Mme Nshimirimana fait son choix : l’amarante. En 2021, elle décide à se consacrer à la multiplication des semences d’amarante. Ce fut la meilleure décision, car cette légume très prisée transforme progressivement sa vie et lui permettre de passer d’une agriculture de subsistance à une activité génératrice de revenus.

De la culture traditionnelle à la multiplication des semences

En 2016, Mme Nshimirimana cultivait déjà l’amarante, mais sans semences sélectionnées ni véritable stratégie commerciale. Elle produisait surtout pour sa propre consommation. Avec les formations reçues, elle apprend progressivement à considérer l’agriculture comme une activité génératrice de revenus nécessitant une vision, une planification et une bonne connaissance du marché. Elle commence alors à réfléchir à ses objectifs à moyen et long terme et choisit de faire de l’amarante sa principale spéculation.

En 2021, elle se lance dans la multiplication des semences. Sa production, qui était initialement d’environ 16 kg, atteint aujourd’hui près de 500 kg. Cette progression lui a permis de développer une clientèle et d’accroître progressivement ses revenus. Ce qui lui a permis d’étendre son espace de production.

L’amarante lui a également permis de passer du statut de personne en quête d’un emploi à celui d’employeur. Grâce à lui, d’autres personnes de sa communauté ont décroché des emplois. Parallèlement, elle forme d’autres dont des jeunes, des femmes et des membres de coopératives aux techniques de production de l’amarante. Elle leur explique notamment l’importance du respect des espacements, avec environ 20 cm entre les plants et 40 cm entre les lignes. Elle assure également un suivi des producteurs jusqu’à la récolte, afin qu’ils puissent mesurer les résultats économiques de cette culture.

Une reconnaissance méritée

Pour Mme Rosette Nshimirimana, l’amarante représente aujourd’hui bien plus qu’une simple culture. Elle constitue une source de revenus et un moyen d’autonomisation économique. Elle apprécie particulièrement cette plante pour son cycle de production relativement court, ses besoins limités en capital et son potentiel de rentabilité. Elle constate que de plus en plus de ménages, de femmes et de jeunes s’y intéressent, même si la demande en semences reste supérieure à l’offre.

Pour elle, l’agriculture ne doit pas seulement permettre de gagner sa vie, mais aussi créer des opportunités pour les autres. Son expertise lui a valu plusieurs certificats et distinctions lors de compétitions agricoles. Elle a notamment remporté un trophée en or et s’est classée première lors d’une compétition réunissant des producteurs de différentes variétés de semences. Ces reconnaissances renforcent sa crédibilité et contribuent à faire connaître davantage son travail de multiplicatrice de semences.

Une étroite collaboration avec les instituts de recherche

Dans son activité, Mme Nshimirimana collabore également avec l’Institut des Sciences Agronomiques du Burundi (ISABU), auprès duquel elle s’approvisionne en semences de base destinées à la multiplication. Elle produit ensuite des semences qu’elle met à la disposition d’autres agriculteurs. À travers cette collaboration et la transmission de ses connaissances, elle contribue à la promotion de la filière horticole. Bref, elle produit des semences de qualité et participe à la professionnalisation de la culture de l’amarante dans sa communauté.

À celles qui hésitent encore, Mme Nshimirimana conseille de ne jamais mépriser une opportunité qui se présente. Elle-même a commencé avec une activité qui suscitait parfois les moqueries de son entourage. Aujourd’hui, elle est multiplicatrice de semences, formatrice et employeur. Son parcours montre qu’avec la formation, la persévérance et une vision claire, une petite activité agricole peut devenir un véritable moteur d’autonomie.

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