Les récentes élections législatives et communales de juin 2025 ont permis aux femmes d’enregistrer des avancées en matière de représentation dans les instances de prises de décision. Cependant, des pas restent à faire pour atteindre la parité Homme/Femme.
La Constitution prévoit au moins 30% des sièges pour les femmes au gouvernement, à l’Assemblée Nationale, au Sénat et dans les Conseils Communaux. Le parlement actuel compte 46% de femmes contre 41% en 2020 au sénat, et 40% à l’assemblée nationale contre 37% en 2020. Au niveau des conseils communaux, elles représentent 32% contre 19% en 2020. La représentativité des femmes en tant que gouverneures de province passe de 16% en 2024 à 20% en 2025.
Les élections de juin 2025 consacrent ainsi quelques progrès de 5% au sénat, 3% à l’assemblée nationale, 14% dans les conseils communaux. Au niveau des postes de gouverneurs de provinces, c’est le statu quo.
Encore du chemin à parcourir
La présence des femmes dans les postes de prise de décisions n’est pas qu’une question de quotas. C’est une question de compétence.
L’on notera par exemple le passage marquant d’Immaculée Nahayo à la tête de l’Assemblée Nationale de 2005 à 2007. Elle aura été la toute première femme à occuper ce poste, et l’on se souviendra d’elle pour son impulsion en ce qui concerne la lutte contre les discriminations liées au genre.
La mise en œuvre du quota de 30% de représentation féminine prévu par la constitution voit le jour sous ses rennes à l’assemblée nationale.
Cela marque alors une avancée dans ce domaine, étant donné que les femmes sous estimaient jusqu’alors leur potentiel à mener à bien les taches exigées par l’occupation des postes de prise de décision.
Peu audacieuses au départ, elles ne passent pourtant pas inaperçues. Certaines s’imposent par leurs compétences. C’est notamment le cas de Mme Victoire Ndikumana qui a été influente en diplomatie et gouvernance et a représenté valablement le Burundi au sein de plusieurs instances nationales et régionales.
Bien que respecté depuis plusieurs années, ce quota est loin de suffire dans un pays qui reflète une légère majorité féminine comme consignée dans le rapport de l’institut national de statistique au Burundi.
Pour Odette Nibigira, doctorante en Anthropologie à l’Université du Burundi, « le pays a besoin des compétences féminines tout comme celles masculines. Les filles et les femmes devraient apporter leur pierre à l’édifice d’un Burundi développé.»
Nourrir les compétences qu’il faut
Occuper un poste de prise de décision nécessite d’être à la hauteur comme le souligne Mme Nibigira. Pour elle, une fille et un garçon peuvent tous les deux faire preuves de compétences nécessaires pour contribuer à faire avancer le développement d’une nation.
Cependant, insiste-t-elle, elles devraient commencer par s’accrocher aux études, viser loin, chercher dans les études les compétences qu’il faut pour être suffisamment outillées afin de contribuer valablement a la construction du pays. »
Et de marteler : « Une femme, lorsqu’elle est encouragée, peut être très compétente et mener des actions susceptibles de promouvoir un développement inclusif. »
Cela exige de nous tous d’arrêter de perpétuer les mœurs et coutumes qui dénigrent la femme, mais plutôt encourager ceux qui incitent la femme à aller de l’avant et mettre son savoir au service du développement national car elles en sont capables.




