Le Burundi a signé, le 10 mars 2026 à Washington, deux accords de coopération avec les sociétés américaines Lifezone Metals et KoBold Metals. Ces partenariats portent sur l’exploration du gisement de nickel de Musongati et sur la numérisation des données géologiques du pays, marquant une nouvelle étape dans le renforcement de la coopération économique entre Bujumbura et Washington.
La cérémonie de signature s’est tenue sous l’égide de la secrétaire d’État adjointe américaine, Sarah Troutman. Le PDG de Lifezone Metals, Chris Showalter, et le ministre burundais des Ressources hydrauliques, de l’Énergie et des Mines, le Dr Hassan Kibeya, ont pris part à l’événement.
Dans son discours, le Dr Hassan Kibeya a déclaré : « Nous sommes fiers de positionner le Burundi comme un partenaire fiable, stable et stratégique dans la chaîne d’approvisionnement mondiale, et plus particulièrement dans la chaîne d’approvisionnement américaine pour les minéraux critiques. »
Selon un article publié le 10 mars 2026 par Investing.com, la société Lifezone Metals, dont la capitalisation boursière est estimée à 354 millions de dollars, s’intéresse à un gisement évalué à plus de 140 millions de tonnes de nickel. Le partenariat prévoit notamment une phase d’étude préliminaire de 30 jours destinée à élaborer un plan pour les futures études d’exploration et de faisabilité économique.
Toujours selon ce média, l’accord d’exclusivité, d’une durée de 14 mois, couvre le projet de Musongati, situé à environ 200 kilomètres au sud-ouest du projet Kabanga Nickel de Lifezone en Tanzanie. Une étude réalisée en 2011 avait déjà identifié une ressource dépassant 140 millions de tonnes sur ce site, qui fait l’objet d’activités d’exploration et d’évaluation depuis plus de 50 ans.
Parallèlement, KoBold Metals, une entreprise basée en Californie, a signé un protocole d’accord distinct avec le gouvernement burundais pour la numérisation des données géologiques nationales.
Hassan Kibeya a salué l’arrivée de ces nouveaux partenaires
« Nous accueillons Lifezone en tant que partenaire au Burundi. L’accord que nous avons signé aujourd’hui repose sur une base de transparence et de respect mutuel », a-t-il affirmé, précisant que ces accords s’inscrivent dans les objectifs du Partenariat pour la sécurité des minéraux des États-Unis et constituent un signal fort d’intérêts communs entre les deux pays.
Le ministre a également souligné l’importance stratégique du nickel dans la transition énergétique mondiale : « Le nickel n’est pas qu’un métal ; c’est le moteur silencieux de la révolution verte. En développant Musongati, nous ne faisons pas que miner du minerai, nous contribuons à la transition mondiale vers une énergie propre. »
Selon lui, ces accords s’inscrivent dans la vision portée par le président de la République, Évariste Ndayishimiye, qui encourage les partenariats gagnant-gagnant et invite les investisseurs à exploiter le potentiel du Burundi.
« Ces partenariats contribueront à la vision nationale visant à faire du Burundi une nation émergente à l’horizon 2040 et un pays développé d’ici 2060 », a-t-il souligné.
« Deux accords complémentaires à impact positif … »
Le Dr Hassan Kibeya a expliqué : « Avec Lifezone, nous lancerons l’exploration de la mine de nickel de Musongati, l’un des plus importants projets de latérite nickélifère au monde. Avec KoBold Metals, nous entreprendrons la numérisation complète des archives géoscientifiques de notre pays. À première vue, ces initiatives peuvent sembler distinctes, mais elles représentent en réalité la fusion des ressources physiques et de l’intelligence numérique. »
Selon Kibeya, le projet de numérisation vise à valoriser des décennies de données géologiques accumulées au Burundi, notamment des cartes, des journaux de forage et des résultats d’analyses encore conservés sous format papier.
« Ces informations constituent un véritable trésor national, mais elles restent largement inaccessibles. En les numérisant, nous faisons entrer notre passé dans le futur », a indiqué le ministre.
Il a précisé que cette initiative poursuivra trois objectifs principaux : la préservation du patrimoine géologique, la découverte de nouveaux gisements grâce à l’intelligence artificielle et l’amélioration de la transparence afin de faciliter les investissements responsables.
Le ministre a estimé que ces projets auront un impact économique important pour le pays : « Nous passons au-delà de l’aide et entrons dans une ère de commerce et d’investissement mutuels. Nous faisons confiance à Lifezone et KoBold pour apporter non seulement du capital, mais aussi les normes les plus élevées en matière de gestion environnementale et de responsabilité sociale. »
Selon lui, ces initiatives devraient créer des milliers d’emplois qualifiés, favoriser le transfert de technologies et contribuer au développement des infrastructures locales, tout en veillant à ce que les communautés locales soient les premières bénéficiaires de ces projets.




