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Pour l’Église catholique, l’urgence au Burundi n’est pas le défi démographique

La position ne change pas: « Les rapports sexuels sont exclusivement dédiés aux couples mariés et ce, pour finalité de procréation. » Elle a été rappelée par l’Abbé Sadith Kenemana, responsable national de la pastorale familiale dans la conférence épiscopale du Burundi ce 30 juillet 2025, à Donatus Conference Center, dans un atelier d’échange avec les leaders religieux sur la planification familiale et le dividende démographique organisé par le PNSR.

Abbé Sadith Kenemana, responsable national de la pastorale familiale dans la conférence épiscopale du Burundi

D’un côté, Ananie Ndacayisaba, directeur du PNSR et tenant des méthodes modernes, qui affirme est important de renforcer les outils modernes de planification des naissances afin de faire face au défi démographique. Mettant au centre la préservation de la santé humaine, ce médecin affirme: « Quand l’abstinence s’est avérée impossible et que le sujet nous consulte après avoir fait des rapports sexuels, nous devons honorer notre serment d’Hippocrate. »

De l’autre, les tenants des méthodes naturelles représentés par l’Abbé Sadith Kenemana, pour qui « la gestion de la démographie galopante au Burundi est comme un arbre dont on veut couper les branches sans penser au racines. »
Sur le plan symbolique, il pointe la contradiction entre discours et vécu: « Un dirigeant qui a cinq, voire six enfants, ne peut en aucun cas réussir à convaincre un citoyen de ne mettre au monde que deux enfants, alors qu’il vit des recettes fiscales de ce dernier. Le contribuable va plutôt concevoir la situation comme une contrainte pour favoriser la progéniture du dirigeant. »

Et d’enchaîner: « Est-ce que la pénurie du carburant, des produis Brarudi ou du ciment Buceco serait-elle liée à l’accroissement démographique? « , se demande-t-il.

Éducation et employabilité

À ce sujet, Abbé Sadith kenemana trouve que l’éducation a tellement décliné que la société privilégie les facilites. Et d’illustrer: « Jadis, quand nous étions enfants, un parent ne nous permettait pas de nous asseoir sur sa natte. Nous devions aller ramasser le matériel pour tisser la nôtre. Mais actuellement ils s’observent des jeunes qui ne savent même pas faire la lessive de leur propre vêtement », s’indigne-t-il.

Pour ce, Sadith recommande une revalorisation de l’éducation familiale, tandis que les conjoints devraient prioriser le dialogue sur la planification familiale et préférer l’amour naturel au plaisir charnel. Il continue: « L’Eglise n’engage personne par force, c’est plutôt la conscience personnelle qu’il essaie de former pour celui qui veut mieux éclairer sa décision. »

Selon le prêtre, l’Etat devrait envisager une politique claire du développement, sinon les problèmes persisteront. Il insiste : si nous pensons toujours que seul le secteur agricole est source de la prospérité économique, le chemin est encore long. Et de plaider pour de vastes politiques de création d’emplois des jeunes afin de ne plus concevoir la population comme un gêne.

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