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Babou, ce reflet du Centre Jeunes Kamenge

De son vrai nom Jean Claude Niyonzima, Babou est l’artiste compositeur et chanteur qui nous a rassemblés en cette soirée du 5 juillet 2024, à l’Institut français du Burundi pour le lancement officiel de son album : « Ishusho». Quid du message de ses chansons ? Portrait.

Il est presque 18 heures quand retentissent les premières vibrations d’instruments musicaux. Les jeux de lumière rendent l’audience de plus en plus impatiente de découvrir le nouvel album de ce fils qu’ils ont vu grandir et aimer la musique si passionnément. C’est l’orchestre « Umudiho Groove » dont il est coordinateur, qui réchauffe la salle aux berceuses burundaises, admirant la beauté de la femme burundaise. Après une brève présentation de l’évènement fait par le directeur du Centre culturel Akiwacu, arrive enfin le grand Babou. Il fait sa prestation, chantant chacun des huit titres composant son album, et relate ensuite l’histoire derrière ce bel album, d’où lui vient son inspiration.

Les débuts

Né en 1990 d’un père pianiste et d’une maman plutôt conservatrice selon lui, Jean Claude Niyonzima sera bercé d’une musique douce durant toute son enfance. A l’âge de 14 ans, il s’intéresse à la musique et apprend à jouer du piano à son église et au Centre Jeunes Kamenge pendant deux ans. Il fait ainsi ses premiers pas en prestant au culte vers 2006, alors qu’il n’avait que 16 ans. Curieux de nature, il adhère par la suite au groupe musical « Hope Street » fondé par le chanteur Steven Sogo.  En 2008, il intègre le groupe musical « Umudiho Groove » dirigé alors par l’artiste Francis Muhire. C’est là qu’il devient chanteur-pianiste, et où il grandit et construit sa carrière de musicien professionnel. Après le départ de son mentor, Francis, il devient responsable du groupe.

S’inspirant des grands artistes comme Steven Sogo, Jean Pierre Nimbona dit Kidum, Lokua Kanza de la RDC et d’autres, son rêve le plus grand est de se produire sur de grandes scènes avec ses idoles. D’ailleurs, pour quelqu’un qui l’entendrait chanter sans le voir, il serait difficile de différencier sa voix de celle de Kidum. Il s’est déjà produit dans différents concerts au Centre Jeunes Kamenge, à l‘Institut français du Burundi et dans d’autres provinces du pays. Il a aussi travaillé avec le groupe Peace and Love et avec l’artiste Gérard Ndihokubwayo. Aujourd’hui, 16 ans plus tard, il lance officiellement son album : Ishusho. Que contient-il de spécial ?

Des messages profonds

L’album Ishusho contient 8 chansons dont Iwacu, qui est une chanson plutôt touristique relatant l’hospitalité des burundais, la splendeur du paysage burundais, appelant les étrangers à venir visiter le beau pays qu’est le Burundi.

Ensuite, Shorezinyange, Uwanje Mutima, Ndege irahinda, Agacaca, Korotirida (dédiée à son épouse), Agahinda, des chansons dans lesquelles il transmet des messages d’amour. Selon lui, il les chante souvent pour les couples afin de leur rappeler l’importance d’arroser chaque jour leur amour, et chantant les qualités de l’un et de l’autre, l’indispensabilité de l’entraide mutuelle au sein du couple, que le mariage n’est pas du tout facile, qu’il peut même y avoir des déceptions et qu’il faut une certaine maturité avant de s’engager.

En dernier lieu, Ishusho (sa préférée, dédiée à sa mère) qui fait même le titre de son album. Celle-ci rend hommage à la femme qui a fait de lui l’homme qu’il est devenu. Une façon à lui d’exprimer sa gratitude envers « cette brave femme qu’il ne saurait jamais assez remercier, et dont l’exemple a façonné ma personnalité. Cette femme que j’ai imitée pour lui ressembler plus tard, ne serait-ce qu’à raison d’un dixième de son caractère exemplaire. » Ainsi, une manière à lui d’exprimer à sa mère son admiration pour elle, et à quel point il lui doit la meilleure version de lui, son image. Ishusho est une chanson qu’il dédie en premier lieu à sa maman, ensuite aux femmes burundaises, et enfin celles d’ailleurs.

Les huit morceaux sont tous chantés dans un mélange de sons traditionnels burundais, de jazz et de reggae. Comme il le raconte, sa préférence musicale est l’enregistrement live, avec des beats produits presque entièrement par des synthétiseurs parce qu’il est instrumentaliste.

Il aura su égayer la soirée de ses spectateurs, en espérant que ceux-ci visiteront ses plateformes pour y retrouver plus de saveurs musicales, et en espérant aussi un retour positif d’invitations aux concerts nationaux et internationaux afin que l’artiste qu’il est vive de son œuvre.

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