À Kamenge et plus précisément au quartier Songa, dormir est devenu un luxe. Non pas à cause des moustiques, ni les soucis du lendemain, mais à cause d’un vacarme imposé et toléré…
Le bar appelé « USA » s’est arrogé le droit de transformer les nuits des habitants en enfer : musique à plein volume jusqu’à six heures du matin sur fond d’une animation qui appelle ouvertement à la prostitution- la plupart des jeunes filles qui fréquentent les lieux, n’ayant pas d’ailleurs la majorité-, désordre permanent. Et les voisins ? Eh bien qu’ils se débrouillent !
Ce tapage nocturne n’est pas qu’une simple nuisance. C’est une agression quotidienne contre la dignité des citoyens et leur santé : comment espérer travailler, étudier, vivre dignement quand la nuit devient une torture sonore ? Le manque de sommeil brise les nerfs, affaiblit le corps, et alourdit encore une vie déjà frappée par la cherté de la vie. Le jour, les familles courent derrière le pain. La nuit, elles courent derrière le sommeil. Où est la justice dans cela ?
Le plus scandaleux, c’est l’inaction de l’administration. Plainte après plainte, alerte après alerte, rien ne change. Pour rappel, depuis deux ans, une décision administration oblige les boîtes de nuit d’être insonorisées et les karaokés à ne pas dépasser 23h00. C’est à croire que la loi s’arrête aux portes de ce bar. Mais alors, à quoi sert l’autorité si ce n’est à protéger les citoyens ? Laisser faire, c’est cautionner. Se taire, c’est devenir complice.
Il faut le dire haut et fort : la population n’en peut plus. Ce vacarme est un mépris flagrant. Le droit au repos est aussi sacré que le droit au travail. Il est temps de faire cesser ce scandale. Car une ville qui ne protège pas ses nuits est une ville qui abandonne ses habitants à l’anarchie.




