Pendant deux semaines, 54 responsables administratifs des communes de Cibitoke, Mugina et Bukinanyana ont suivi une formation intensive sur la gestion budgétaire dans les communes. Organisée par le Ministère de l’Intérieur du Développement Communautaire et de la Sécurité Publique avec l’appui d’Enabel (Projet Gouvernance et Participation Citoyenne), cette session visait à doter les nouveaux cadres de compétences techniques essentielles pour une administration locale performante et transparente, dans le contexte des réformes qui ont réduit le nombre de communes de 119 à 42 et redistribué les responsabilités au sein des secteurs administratifs.
« Lorsque des personnes sont nouvelles dans leurs fonctions, elles ont besoin d’être formées afin de fournir un bon rendement. » C’est en ces mots que Jean Marie Vianney Mutabazi, Conseiller à la Direction Générale chargée de la Décentralisation et du développement communautaire, a conclu ce 14 novembre 2025 la session de formation qu’il a dispensée à l’intention des cadres communaux de trois communes de la province de Bujumbura.
Pendant deux semaines, du 3 au 14 novembre, 54 responsables des communes de Cibitoke, Mugina et Bukinanyana, incluant les administrateurs communaux, leurs conseillers, les secrétaires exécutifs communaux et les responsables des 11 secteurs administratifs composant l’organigramme communal, ont été formés sur la gestion des finances communales.
Une formation jugée nécessaire et arrivée à point nommé

Pour M. Mutabazi, l’initiative était indispensable : « Beaucoup sont nouveaux dans ces fonctions. Certains étaient enseignants, d’autres travaillaient dans de tout autres domaines. Certains commettaient des erreurs liées au manque de connaissances et à une compréhension limitée de leurs responsabilités. Cette formation vient leur ouvrir l’esprit et leur apprendre le fonctionnement de l’administration communale. Cela permettra de réduire, voire d’éliminer, ces erreurs. »
En l’appuyant, le directeur du Centre National de Formation des Acteurs Locaux (CNFAL), Serge Njebarikanuye, a indiqué que les formations visent à amener les communes à placer les intérêts des citoyens au cœur de leurs priorités. Il a dénoncé l’ancienne pratique qui consistait à négliger les projets de développement au profit des dépenses courantes, telles que le carburant, les salaires et les frais de mission, absorbant ainsi la totalité des budgets communaux durant les mandats : « C’est cela que nous voulons corriger. »
Selon lui, ces formations permettront à l’État de disposer d’agents capables de mettre en œuvre des projets de développement rentables et d’assurer une gestion optimale des fonds publics.
Les bénéficiaires confirment cette nécessité. M. Jean Nkunzimana, Conseiller chargé des affaires politiques de la Commune Mugina, rappelle que la réforme réduit le nombre de communes de 119 à 42 et a introduit 11 secteurs administratifs, ce qui n’est pas sans conséquence dans l’organisation du travail été redistribuées : « Le travail accompli auparavant par une seule personne est aujourd’hui réparti entre plusieurs services. Les effectifs ont changé et augmenté, de même que les responsabilités. Cette formation nous a aidés à comprendre comment nous organiser. Nous avons compris que le travail n’est pas individuel, mais collectif. »
Gérer les fonds communaux selon les priorités des citoyens

M. Onésime Tuyiharanire, Conseiller chargé de la communication et des relations publiques dans la commune Bukinanyana, souligne pour sa part l’apport technique de cette formation : « Nous avons appris à gérer efficacement les finances de la commune en planifiant des projets fondés sur les besoins prioritaires des citoyens. »
Ancien directeur d’école, il admet qu’il rencontrait des difficultés depuis son entrée en fonction il y a trois mois, mais estime que les connaissances acquises vont désormais l’aider à s’acquitter pleinement de ses responsabilités.
Même constat du côté de Jean Bosco Niyingabiye, Conseiller chargé de la communication dans la commune Cibitoke. Il se dit avoir compris que : « Les finances communales sont gérées conformément à la Loi, laquelle définit les ressources fiscales existantes et la manière de les utiliser. L’Administrateur doit s’asseoir avec le Conseil Communal pour analyser les dépenses à effectuer avant de les soumettre au gouverneur pour validation. »
M. Niyingabiye ajoute que les ressources doivent être gérées dans la transparence et que : « Aucun responsable ne doit entreprendre une action non programmée. Seules les activités approuvées par le Conseil Communal doivent être exécutées pour éviter les initiatives guidées par des intérêts personnels. »
Et après ?
La formation qui s’achève constitue la première étape d’un cycle de trois sessions consacrées à des thèmes fondamentaux pour le bon fonctionnement de la Commune. Cette première phase était axée sur la gestion des finances locales : leurs sources, leur utilisation optimale et la réduction des irrégularités afin de renforcer le développement local.
Au mois de décembre 2025, la deuxième formation portera sur la planification, l’exécution et le suivi des projets de développement communal. La troisième, enfin, sera dédiée à la gestion des ressources humaines communales.
En clôture, M. Mutabazi a invité les participants à mettre en pratique les connaissances acquises au bénéfice du développement de leurs communes. Les participants ont exprimé leur engagement en ce sens et plaidé pour la régularité de ce type de formation, compte tenu de son utilité.
Njebarikanuye a par ailleurs exhorté Enabel à élargir son soutien au-delà de la zone où elle intervient déjà, afin de permettre l’organisation de ces formations dans les huit autres communes de la province de Bujumbura et celles de la province de Butanyerera, en plus de Kirundo et Busoni où elle est actuellement active.




