Le 22 juillet de chaque année, le Burundi célèbre la journée nationale dédiée au lac Tanganyika. C’est une journée de sensibilisation et d’actions pour protéger ce trésor naturel. Certes, il existe des initiatives en cours pour atténuer les effets de la pollution mais la solution durable ne serait-il pas à s’attaquer directement aux sources des matières polluantes. La rédaction du magazine Jimbere fait le point.
Le week-end dernier, la célébration de la journée nationale du Lac Tanganyika a été marquée par des activités de collecte des déchets plastiques sur le littoral du lac. Le thème retenu cette année était la « sensibilisation-action : chasse aux déchets plastiques ». Ces derniers temps, Il s’observe un engagement ferme des intervenants pour préserver la biodiversité du lac Tanganyika. Plusieurs organisations locales œuvrent pour atténuer les effets dévastateurs de la pollution du lac. Ce sont notamment la collecte et la valorisation des déchets plastiques. Parallèlement, les autorités prônent une politique d’assainissement de la ville avec un mot d’ordre de rendre toute la ville propre.
Ce sont de bonnes initiatives, mais la situation liée à la pollution du lac demeure préoccupante. Les environnementalistes alertent sur les menaces existentielles qui pèsent sur la biodiversité du grand réservoir d’eau. Il renferme près de 17 % de l’eau douce du monde. Selon l’UNESCO, le lac Tanganyika est caractérisé par une biodiversité aquatique exceptionnelle. Avec plus de 2.000 espèces de plantes et d’animaux. Faisant de lui le lac ayant les écosystèmes d’eau douce les plus riches du monde.
Une pollution accentuée par les activités anthropiques

Pour l’écologiste Albert Mbonerane, la santé du lac inquiète plus d’un et cela est imputable à l’activité humaine. De la mauvaise gestion des déchets ménagers à la pollution industrielle en passant par l’application des produits phytosanitaires, l’homme est au centre de cette machine à pollution. Ainsi les déchets ménagers non collectés puis jetés sauvagement dans la nature finissent leur course dans le lac Tanganyika. Il en est de même pour chaque flacon ou bouteille en plastique laissés par les passants après usage puis charriés par les affluents du lac.
Pour les déchets liquides c’est encore pire. Les lubrifiants, les déchets industriels ainsi que les déchets issus des toilettes non connectés au système de canalisation des eaux usées transitent par les cours d’eau avant de rejoindre le lac. Il a été démontré que les déchets industriels contiennent des produits dangereux utilisés lors du nettoyage des équipements, la transformation des certains produits chimiques. Le déboisement et le recours massif aux engrais favorisent l’effet d’eutrophisation caractérise par la prolifération des plantes invasives dont la jacinthe d’eau.
Le danger nous guette
Les environnementalistes craignent un désastre écologique dans l’avenir. Comme la santé se détériore, celle de la population en pâtit également. Pour preuve, le degré de turbidité des eaux du lac pousse la Regideso à mobiliser plus de moyens dans la collecte et le traitement de l’eau potable. Par conséquent, la santé humaine devient fragile. « Dans les années 1980, le point de captage des eaux que nous consommons, était seulement à un 1,8 Km. Depuis 1990 jusqu’aujourd’hui, la Regideso capte l’eau à 3,5 km. Si nous continuons à polluer le lac, nous risquons d’atteindre la limite avec la République Démocratique Congo (RDC) située à 5 km des rives », alerte Albert Mbonerane.
La pollution menace également la biodiversité du lac. Les eaux chargées de matières polluantes font fuir les poissons des zones de frayère. Ce qui rompt leur cycle de reproduction. « Il est de la responsabilité de tout un chacun de protéger ce trésor, un don de Dieu », invite l’expert Mbonerane.
Aux grands maux, de grands remèdes
De nombreux analystes et activistes appellent à l’action avant qu’il ne soit pas tard. « Le gouvernement doit faire appliquer le principe pollueur-payeur aux sociétés qui investissent dans la production des liquides et des bouteilles en plastique.», a déclaré a la presse Albert Mbonerane, ardent défenseur de l’environnement en marge de la célébration de la Journée nationale du lac Tanganyika, édition 2026. Pour réduire la pollution plastique, Mbonerane propose la mise en place des systèmes de récupérations des bouteilles plastiques usagées et les livrer facilement aux unités de recyclage. Comme ça, le pays sera propre et le lac Tanganyika sera sain et produira beaucoup plus.
Il faut une synergie des efforts pour atténuer les effets de la pollution du lac. Les pays qui partagent les eaux du lac Tanganyika à savoir : la Zambie, la RDC, le Burundi, la Tanzanie doivent travailler de concert pour arrêter des décisions importantantes y compris le dragage et le débouchage de l’executoire : la rivière Rukuga.
Ecrit par Kezamahoro Aline




