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Burundi : le système d’irrigation colline photovoltaïque, une nouvelle ère pour les producteurs des semences

A Butihinda, Muyinga et Kirundo, des entrepreneurs semenciers voient leurs conditions de travail profondément transformées. Grâce à des systèmes d’irrigation alimentés par l’énergie solaire et à des hangars modernes de stockage Les hangars de stockage construits sous cofinancement de IFDC dans le cadre du projet PSSD II, avec le soutien de l’Ambassade des Pays-Bas, ils produisent désormais toute l’année, limitent les pertes et envisagent l’avenir avec davantage de confiance.

Il y a encore quelques années, l’arrivée de la saison sèche sonnait presque l’arrêt des activités pour de nombreux producteurs de semences. Les cultures dépendaient entièrement des pluies et les récoltes étaient souvent compromises. Aujourd’hui, ce paysage est en train de changer.

A Butihinda, Muyinga et Kirundo, des systèmes d’irrigation collinaire photovoltaïque permettent désormais d’alimenter les exploitations en eau grâce à l’énergie solaire. Dotées d’une capacité de plus de 100 mètres cubes, ces installations assurent l’irrigation de vastes superficies, même pendant les périodes de sécheresse. En parallèle, des hangars modernes offrent aux producteurs des conditions de stockage répondant aux normes de conservation.

Ces infrastructures ont été réalisées dans le cadre du projet PSSD II, mis en œuvre par l’IFDC avec l’appui de l’Ambassade des Pays-Bas au Burundi. Leur objectif est clair : améliorer durablement la production semencière, réduire les pertes post-récolte et renforcer la résilience de l’agriculture burundaise face aux changements climatiques.

« Nous ne dépendons plus uniquement de la pluie »

A Butihinda, Larissa Igiraneza contemple avec fierté son exploitation d’environ six hectares. Productrice de semences de pommes de terre, de maïs et de haricots, elle estime que l’installation du système d’irrigation marque un véritable tournant.

« Pendant longtemps, notre production dépendait entièrement des pluies. Dès que la saison sèche arrivait, nous étions contraints d’interrompre les activités ou de réduire considérablement les superficies cultivées. Aujourd’hui, grâce à ce système d’irrigation photovoltaïque, nous pouvons planifier les cultures sans craindre le manque d’eau », explique-t-elle.

Pour elle, les retombées iront bien au-delà de l’augmentation des récoltes : « Cet investissement représente une véritable assurance pour notre activité. Nous pourrons produire davantage de semences de qualité pour répondre aux besoins des agriculteurs. Cela renforcera également nos revenus et permettra de créer davantage d’emplois saisonniers. »

Elle souligne également l’impact de ces infrastructures sur la communauté : « Les habitants auront désormais un accès plus facile à l’eau et pourront s’approvisionner plus facilement en semences sélectionnées. Ce projet profite à toute la population. »

Même constat sur la colline Gasasa, en zone Rugari, dans la commune de Muyinga. Léoncie Ciza, qui exploite près de sept hectares, voit dans cet accompagnement un véritable accélérateur de développement.

« L’IFDC et l’Ambassade des Pays-Bas ont cru au potentiel des entrepreneurs semenciers burundais. Cet appui nous donne les moyens de produire dans de meilleures conditions et d’envisager l’avenir avec confiance », affirme-t-elle.

Pour la prochaine saison agricole, elle prévoit d’augmenter sensiblement les superficies consacrées à la pomme de terre et à l’oignon. « Aujourd’hui, je dispose enfin des moyens nécessaires pour produire davantage tout en améliorant la qualité des semences. Sans cet accompagnement, je ne serais certainement pas arrivée à ce niveau de développement. »

Des récoltes mieux conservées

Si produire davantage est une avancée, encore faut-il pouvoir conserver les récoltes. C’est précisément ce que met en avant Pierre Claver Ndayishimiye, entrepreneur semencier de la colline Kabuye, en zone Vumbi, dans la province de Kirundo.

Sur son exploitation de plus de 21 hectares, un hangar moderne pouvant accueillir jusqu’à 120 tonnes de semences de haricot et de maïs vient d’être mis en service.

« Produire est une chose, conserver correctement les récoltes en est une autre. Nous perdions parfois une partie importante des semences faute d’infrastructures adaptées. Aujourd’hui, ce problème appartient pratiquement au passé », explique-t-il.

Selon lui, cet investissement permettra désormais de préserver la qualité des semences jusqu’à leur commercialisation.

Pour le ministère de l’environnement, de l’agriculture et de l’élevage, ces investissements s’inscrivent pleinement dans les efforts de modernisation du secteur.

Léonard Butoyi, assistant du ministre, estime que l’amélioration de la production semencière constitue un levier essentiel pour renforcer la sécurité alimentaire du pays.

« Les partenaires accompagnent efficacement les efforts du Gouvernement dans le développement agricole. L’amélioration de la production semencière constitue un pilier essentiel pour renforcer la sécurité alimentaire du pays », souligne-t-il.

Il invite toutefois les producteurs à communiquer régulièrement sur leurs disponibilités : « Les entrepreneurs semenciers doivent informer le ministère des quantités de semences disponibles. Cela permettra de disposer d’une cartographie précise de la production nationale et de réduire progressivement les importations, qui mobilisent d’importantes devises. »

Une agriculture plus résiliente

Pour les responsables du projet, la réussite ne repose pas uniquement sur les infrastructures, mais aussi sur l’engagement des bénéficiaires.

Lors de la cérémonie officielle de remise des ouvrages, organisée le 22 juillet 2026, Gilbert Buhanza, coordinateur du projet PSSD II au sein de l’IFDC Burundi, a salué les progrès enregistrés dans la professionnalisation des entrepreneurs semenciers.

Selon lui, leur contribution financière, estimée à près de 50 % du coût de construction des systèmes d’irrigation et des hangars, témoigne de leur volonté d’assurer la pérennité des investissements.

A ce jour, le projet PSSD II a permis la construction de 80 hangars modernes de stockage et de 15 systèmes d’irrigation collinaire à travers le Burundi. Au-delà des infrastructures, ces réalisations traduisent une ambition plus large : bâtir une agriculture capable de produire davantage, de mieux résister aux aléas climatiques et de renforcer progressivement l’autonomie semencière du pays.

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